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Le Bel Âge : Le blog senior de Stannah

Luminothérapie : plus de lumière ! “Mehr Licht !”*

Depuis plus de dix ans, Brigitte, enthousiaste et active septuagénaire, utilise une lampe de luminothérapie, qu’elle a acquise en grande surface. “À cette époque, j’ai eu pas mal de problèmes pour obtenir des informations. Aujourd’hui, le procédé s’est beaucoup démocratisé, internet fournit de multiples renseignements et diverses listes de lampes, simulateurs d’aube et lunettes de luminothérapie. Je sors ma lampe de sa boîte quand on passe à l’heure d’hiver, je la range quand sonne l’heure d’été. Je la pose sur un bureau, un meuble ou par terre, je m’assois et je lis la presse et mes dossiers. Cette technique nécessite quelques précautions d’usage mais je la trouve très pratique et bénéfique. Elle me permet de rester de bonne humeur, de conserver mon énergie. J’ai la chance d’avoir un sommeil de qualité, mais ce bain de lumière garde mon horloge biologique en harmonie avec les rythmes naturels.”

La luminothérapie, appelée aussi photothérapie, permet de transformer la lumière en phénomène technologique, pour éviter et soigner les problèmes occasionnés par le manque de lumière, principalement en hiver. La lumière de cette lampe dite “à large spectre” imite celle du soleil pour traiter les troubles associés au dérèglement de l’horloge biologique interne. Cette lumière est dépourvue d’infrarouges et d’ultraviolets. La luminothérapie s’avèrerait efficace pour lutter contre différents maux : fatigue chronique, état dépressif avant et après un accouchement, décalage horaire, boulimie, anorexie, absence de concentration, etc.

L’alternance de jour et de nuit rythme nos vies depuis l’aube des temps. Notre corps est fait pour vivre selon ce rythme dit circadien. Cette exposition prolongée et quotidienne à la lumière du jour est indispensable pour faire le plein d’énergie, chasser le stress, trouver le sommeil. Les rythmes circadiens sont liés à de nombreux cycles physiologiques naturels dans notre organisme : les variations de température du corps, le métabolisme, le cycle de veille-sommeil ou la sécrétion des hormones. Et le régulateur principal est la lumière. Ainsi, expliquent les spécialistes, la durée de la période diurne, ou photopériode, pendant laquelle on reçoit la lumière du jour influence directement les cycles de notre corps. C’est notre horloge biologique interne située dans l’hypothalamus qui, sous l’influence de la lumière mais aussi des contraintes sociales, donne le temps. En fonction notamment de la quantité de lumière reçue sur la rétine, elle active les différents circuits de sécrétion en hormones et stimule ou non les centres de l’éveil. La lumière déclenche la sécrétion de cortisol, l’hormone du stress positif, indispensable pour avoir la forme quand on est éveillé. À l’inverse, la lumière du jour empêche la sécrétion de la mélatonine, hormone impliquée dans l’endormissement et le sommeil. Plus le jour est lumineux, plus la nuit est noire plus il y a de différentiels hormonaux et meilleure est la qualité de sommeil. Le passage à l’hiver perturbe notre rythme biologique puisque le niveau de luminosité pendant cette saison est inférieur au niveau nécessaire pour maintenir notre équilibre biologique. La luminothérapie recale cette horloge biologique sur une phase normale et permet de déclencher à nouveau la production des hormones adéquates au bon moment.

Les personnes âgées présentent souvent des avances de phase de sommeil : la personne s’endort tôt et se réveille tôt. Une exposition à la lumière vers 17 h retardera l’apparition du sommeil et décalera ainsi la phase de sommeil vers la nuit. Le personnel soignant est réduit la nuit et certains médicaments ont des effets secondaires qui provoquent dépendance ou accoutumance que la luminothérapie contribuerait à gommer. Certains cabinets de médecins, certains établissements hospitaliers ou centres de retraites disposent de matériel de luminothérapie. Une petite cure de lumière pour remettre les pendules, pardon, l’horloge à l’heure ?

* Mehr Licht ! : dernières paroles de l’écrivain allemand Goethe demandant qu’on ouvrît une fenêtre pour donner plus de lumière et que l’on cite aujourd’hui dans un sens tout différent pour dire : “Plus de clarté intellectuelle, plus de savoir, de vérité !”