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Le Bel Âge : Le blog senior de Stannah

Isabelle Flaujac, Diététicienne nutritionniste

Isabelle Flaujac Diététicienne nutritionnisteDiététicienne nutritionniste depuis de longues années, Isabelle Flaujac connaît très bien les seniors. Sa parole est d’or lorsqu’elle nous explique qu’une bonne alimentation, liée à une activité physique adaptée, est primordiale pour conserver une bonne santé et prévenir les maladies liées au vieillissement. Avis d’experte…

Est-ce que l’on peut dire qu’un bon repas est source de bonne santé ?

Tout à fait. Le principe de base est qu’il n’y ait pas de carences car le corps a besoin de tous les éléments nutritifs, mais de manière modérée. Par exemple, il ne faut pas mettre de côté les matières grasses. Nous avons besoin d’acides gras essentiels que nous ne fabriquons pas et qu’il faut aller chercher dans certains aliments. Plus on vieillit, plus il faut faire attention à notre apport en protéines (viandes, poissons, œufs) car nous avons une perte de la masse maigre (la masse musculaire), plus chez les femmes que chez les hommes d’ailleurs, qu’il faut compenser. L’apport protéique doit être accompagné d’activités physiques, adaptées aux capacités, pour stimuler l’appétit et maintenir la force musculaire. Je conseille de consommer ces protéines au déjeuner car elles seront assimilées au cours de la journée, le dîner devant être plus léger pour favoriser un bon sommeil.

On dit souvent qu’avec l’âge, l’appétit diminue. Est-ce vrai ou est-ce une idée reçue ?

C’est surtout une idée reçue. On dit aussi que comme on vieillit on doit manger moins, ce qui est faux. Si l’on a faim, on mange, c’est tout, car c’est le corps qui le réclame. Souvent, ce sont certains médicaments qui peuvent couper l’appétit et modifier le goût des aliments. Et puis, il faut créer les conditions pour avoir envie de bien manger. Une jolie table, une assiette pleine de couleurs et des aliments qui ont du goût, agrémentés d’épices ou d’aromates par exemple, c’est primordial pour retrouver le plaisir. Il faut essayer de partager son repas avec quelqu’un, quand c’est possible. Je conseille aussi d’adapter la texture des aliments à l’évolution de la dentition. Enfin, il ne faut pas hésiter à fractionner son alimentation et faire quatre ou cinq repas par jour avec de plus petites quantités.

Pouvez-vous nous donner un exemple de repas équilibré ?

Une entrée de crudités suivie d’un plat composé de viande ou de poisson ou d’œuf accompagné de légumes de saison et de féculents. On peut terminer le repas avec un produit laitier et un fruit de saison. C’est du classique, valable pour tout le monde. Après, votre alimentation dépend de votre état de santé. Je rencontre des personnes d’environ 80 ans qui continuent à manger comme quatre. Elles ont une activité physique ou sportive bien rythmée et une vie sociale intense alors que d’autres, à 60-65 ans, auront besoin d’un soutien diététique à cause d’une maladie invalidante ou plus ou moins handicapante. Et puis il ne faut jamais oublier la notion de plaisir : un carré de chocolat ou un verre de bon vin peuvent être très bénéfiques.

Justement, quels sont les aliments synonymes de bienfaits ?

Certains aliments comme l’ail, l’amande, la noix, le chou ou l’épinard participent au bon fonctionnement cardio-vasculaire. Les fruits et les légumes, le tanin du vin, du thé et du café, le chocolat et les huiles (riches en vitamine E) contiennent des antioxydants qui ralentissent le vieillissement et participent à la prévention des maladies. La vitamine C, notamment contenue dans les fruits tels les baies rouges ou les agrumes, mais aussi dans les brocolis ou les tomates, stimule nos défenses immunitaires. J’insiste sur le fait qu’il faut manger des légumes et des fruits de saison car ils contiennent alors leur comptant de vitamines, alors que les tomates ou les fraises vendues en hiver sont de véritables coquilles vides sans goût, sans minéraux et sans vitamines.

Est-ce que le goût évolue avec l’âge ?

Nous avons des capteurs dans la bouche qui correspondent aux saveurs, à la soif, à la faim, etc. En vieillissant, ces capteurs se modifient et font donc évoluer nos goûts et nos envies. Ainsi, certaines personnes seront de plus en plus tentées par le salé alors que d’autres s’orienteront plutôt vers le sucré.

Certains seniors ont besoin de faire un régime. Doit-on s’adapter à l’âge du patient ?

La mise au point d’un régime est toujours le fruit d’un travail de préparation qui tient compte des envies du patient, de son âge, de son état de santé, mais également de son histoire de vie. Ensuite, on établit un régime adapté à chacun. Il faut quand même avoir conscience que vouloir retrouver son poids de 20 ou 25 ans n’est pas vraiment raisonnable (sourire)…

 

Isabelle Flaujac

Diététicienne nutritionniste

9 rue René Boulanger, 75010 Paris

Tél. : 06-18-37-32-44

Mail : ifdiet@orange.fr