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Le Bel Âge : Le blog senior de Stannah

La famille, une drôle d’histoire

La Famille AutrefoisPour la majorité des Français, la vie familiale est la deuxième chose la plus importante après la santé. Mais à l’heure des familles recomposées et d’un individualisme forcené, que représente encore la famille en ce début de XXIe siècle ? Deux ouvrages remarquables, « La famille autrefois » (Éditions Hoëbeke) et « Grands-parents, la famille à travers les générations » (Éditions Odile Jacob) permettent d’apporter certains éléments de réponse.

Plusieurs générations sous le même toit

Avec « La famille autrefois », richement illustré, on s’offre un doux parfum de nostalgie. On plonge avec délectation dans un passé pas si lointain où la cellule familiale était unie et solidaire autour d’une mère que l’on disait « au foyer », et qui avait la lourde charge du quotidien, et d’un père, chef de famille, étant le seul à travailler et souvent absent. On remonte encore le temps avec des images du début du XXe siècle.

À l’époque, surtout à la campagne, plusieurs générations vivaient sous le même toit : les époux et leurs enfants, les grands-parents et même les arrière-grands-parents. Deux conflits mondiaux, l’apogée de l’essor industriel, l’avènement de la consommation et des loisirs de masse, ont depuis bouleversé la société française. Mais on a encore envie de se souvenir du temps passé, de l’achat du premier téléviseur au départ en vacances dans la voiture familiale, des fruits dans le potager du grand-père ou du déjeuner du dimanche avec la tribu de cousins et de cousines. Dans « La famille autrefois » de Patrice Milleron, il y a tout ça et plus encore, en textes et en images…

Des grands-parents jeunes et dynamiques

« Grands-parents, la famille à travers les générations » est moins ludique et plus analytique sous la plume de Claudine Attias-Donfut, directrice de recherche à la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance-Vieillesse) et Martine Segalen, professeur à l’université Paris-X-Nanterre. Il n’en est pas moins passionnant car il met en avant les grands-parents, longtemps délaissés par la société. Pour les deux expertes, ces derniers sont revenus en force depuis quelques années dans un cadre familial qui s’est fragilisé. Plus jeunes, plus dynamiques, ils sont capables de naviguer entre leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs propres parents. Bref, ils représentent le lien le plus solide entre les générations.

Et les médias de valoriser ce rôle d’aînés modernes, plus tendance, à travers un nombre d’articles impressionnant et aux titres accrocheurs : « Grands-parents, passeurs de vie », « Pas de répit pour les mamies » ou « Être grand-parent, le plaisir avant tout ? ». Les papis et mamies prennent même une dimension internationale à travers des études qui dessinent les différentes façons d’être un grand-père ou une grand-mère, que l’on soit allemand, italien ou français.

Et nos chercheuses de conclure par une interrogation mi-sérieuse mi-provocatrice : Les grands-mères sont-elles l’avenir de l’humanité ?